Nicolas Dupont-Aignan : deuxième candidat à être Cap !

Nicolas Dupont-Aignan est le 2e des candidat-e-s à l’élection présidentielle à être CAP de répondre au défi lancé par Romy, une petite fille de 8 ans, et les jeunes Ambassadeurs. Voici l’analyse en détail de sa réponse.

Nicolas Dupont-Aignan se positionne en faveur d’une « augmentation substantielle de l’aide au développement » avant 2022, engagement crucial pour ONE. La France n’alloue en effet en 2015 que 0,37% de sa richesse nationale à la lutte contre la pauvreté, bien loin de l’objectif des 0,7% qu’elle s’est fixée dans les années 1970 ! Le candidat devrait cependant préciser le montant exact de cette augmentation et s’engager à tenir l’engagement international de la France des 0,7% d’ici à 2022.

Même sans engagement précis au niveau français, Nicolas Dupont-Aignan fait une proposition intéressante pour augmenter l’aide au développement à l’échelle européenne à hauteur de 50 milliards d’euros par an en utilisant les émissions de la Banque centrale européenne ! A titre de comparaison, les pays donateurs de l’Union européenne versent aujourd’hui 66 milliards d’euros pour l’aide au développement.

Le candidat de Debout la France, tout comme ONE, met l’Afrique au cœur des préoccupations de la politique de développement française en proposant un « plan Marshall » pour l’Afrique. Cependant, c’est un continent extrêmement vaste et disparate. Le candidat devrait à nouveau être plus précis. Pour ONE, la priorité de l’aide au développement de la France doit être les pays les plus pauvres et les plus fragiles d’Afrique, qui ne bénéficient que de 29% de l’aide française aujourd’hui. Sans engagement chiffré de sa part le risque est grand que les choses ne changent pas pour cette catégorie de pays. Nicolas Dupont-Aignan souhaite par ailleurs la création d’une « grande Agence européenne dédiée au grand plan d’aide à l’Afrique ».

Nicolas Dupont-Aignan souligne aussi l’importance de l’éducation, secteur auquel il souhaite consacrer la plus large part de l’aide française. L’éducation joue en effet un rôle central puisque la population du continent africain va doubler d’ici à 2050 et qu’il faudra accompagner cette jeunesse et s’assurer qu’elle puisse avoir accès à une éducation de qualité, en particulier les filles. Toutefois, l’accent sur l’éducation ne devrait pas évincer d’autres secteurs clés – d’où notre attachement à une augmentation significative de l’enveloppe totale de l’aide qui pourrait ainsi permettre d’augmenter l’aide pour l’éducation tout en maintenant l’investissement de la France sur d’autres secteurs essentiels tels que la santé.

Le candidat s’engage aussi à mettre l’accent sur les inégalités femmes-hommes pour ainsi créer un cercle vertueux, tout comme le défend notre campagne « La pauvreté est sexiste ». On sait en effet aujourd’hui que les financements destinés à l’égalité femmes-hommes bénéficient à l’ensemble de la population et ont un impact d’autant plus important sur la réduction de l’extrême pauvreté : par exemple, si toutes les femmes en Afrique subsaharienne avaient accès à l’éducation, cela sauverait 1,8 millions de vie par an. Mais encore une fois il serait important d’avoir plus de détails : le candidat est-il prêt à s’engager à ce qu’au moins 50% des projets d’aide de la France contribuent à l’égalité femmes-hommes ?

Sur la question de la transparence, Nicolas Dupont-Aignan n’est pas assez ambitieux. C’est pourtant une condition essentielle pour parvenir à éradiquer l’extrême pauvreté. L’opacité actuelle permet à au moins mille milliards de dollars de s’échapper chaque année des pays en développement à cause des flux financiers illicites, alors qu’une partie de cet argent pourrait servir à la mise en place de services publics performants. Pour y remédier, la seule transparence des banques ne suffit pas : elle doit être élargie aux multinationales ainsi qu’aux sociétés écrans et aux trusts, qui peuvent être impliqués dans les cas de corruption, d’évasion fiscale ou de blanchiment d’argent. Le candidat devrait donc s’engager à soutenir au niveau européen le reporting pays par pays public des multinationales et la transparence des sociétés écrans et des trusts.

Le candidat mentionne enfin qu’il respectera la convention de Genève, pilier du droit d’asile et des réfugiés, qui fait partie intégrante des droits humains et doit donc être respectée en France mais aussi partout dans le monde. Nous souhaitons que cet agenda soit porté haut et fort par le prochain président dans les fora internationaux et européens.

Après analyse, ONE considère que Nicolas Dupont-Aignan a saisi les enjeux cruciaux auxquels devra faire face le prochain président de la République en ce qui concerne la lutte contre l’extrême pauvreté et qu’il prend des engagements concrets dans ce sens. Cependant son plan pour l’Afrique doit être amélioré – notamment sur les questions de transparence – et complété par des objectifs chiffrés pour l’aide française, tout particulièrement celle dédiée aux pays les plus pauvres et les plus fragiles et aux projets qui bénéficient à l’égalité femmes-hommes.

ONE déclare donc officiellement que Nicolas Dupont-Aignan est Cap et attend avec impatience la réponse des autres candidats et candidates !

Retrouvez l’intégralité de la réponse de Nicolas Dupont-Aignan à ONE ici.

La campagne Cap ou pas Cap est un projet de l’organisation internationale ONE Action.

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